Vieux motard que jamais

Sex, droïds & rock n’roll #006

Vieux motard que jamais

Ca y’est, je les entends à nouveau vrombir sous mes fenêtres.

10 degrés de plus, et ils sont de retour : les motards.

J’en suis moi-même un de façon « récréative », roulant en scoot le reste du temps, été comme hiver. Après plus de 6 ans en deux-roues, conduire une voiture en ville est devenu une vraie torture…

A ce propos, j’aimerais qu’on m’explique quelle part d’intelligence il peut y avoir à se déplacer seul en centre-ville, dans un énorme 4×4 de deux tonnes, coûtant 50 000 euros, et qui engloutit 15 litres au cent, juste pour le vautrer sur un trottoir devant une boutique fashion. Le standing ? Pff, ce côté « show off » n’est-il pas complètement périmé et ringard ? Rouler en Toyota Prius (à énergie hybride), comme Leo di Caprio d’accord, mais pas en gros diesel qui pue !

La moto c’est un peu comme la voile : avant une virée, on se renseigne sur la météo. On consulte sa carte routière pour dénicher les routes les plus sexy.

Le rituel commence avant le départ. Contact. On la laisse ronronner au ralenti et chauffer doucement, et on prend son temps pour enfiler ses gants, ajuster son blouson, enfiler le casque.. Ces petits gestes précis, effectués sans hâte font vraiment partie du plaisir.

Sur la route, c’est aussi une affaire de gestuelle. D’abord avec le petit signe de la main gauche qu’on fait quand on croise un autre motard. On peut trouver ça con, mais cette impression de faire partie d’une confrérie qui a son signe de reconnaissance est plutôt agréable.

Idem, quand une voiture s’est rangée un peu sur la droite pour laisser la place de passer sans franchir la ligne, le motard poli déplie son pied droit pour remercier d’un petit coup de botte dans le vide l’automobiliste conciliant.

Ah c’est sûr que combiner les deux en même temps n’est pas forcément évident.

Lever la main gauche et descendre en même temps le pied droit: on ressemble vite à la déesse Shiva !

La volupté d’un beau virage qui trace ses courbes dans un décor de montagne. Les variations d’odeur qu’on ressent à pleines narines: sous-bois, forêt de sapins, fumier, foin coupé.. hmmm, stimulation nasale maximum ! Sentir sa chérie derrière, doucement enlacée, penchant à l’unisson, ses cuisses serrant plus fort lorsque j’accélère. La petite halte pour fumer une clope en contemplant le paysage, et se décrisper les muscles fessiers, tannés par la route. Cette sensation d’avoir fait un grand voyage, plein de sensations, et d’être fourbu, alors qu’on a juste fait 150km de routes de campagne.

C’est de la pure volupté.

Le danger ? Il fait partie du jeu. Et chaque conducteur de voiture devrait faire au moins une fois l’expérience de cette sensation paradoxale, à la fois de totale liberté – donc de « puissance » -, et de vulnérabilité extrême.

Ca aussi j’aime. Ca ressemble à ma vie…

LewisW

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